Catégorie : comportement alimentaire

Qu’est-ce manger « normalement » ?

Qu’est-ce manger « normalement » ?

By meneo on 30 juillet 2018 in comportement alimentaire

Voici un article écrit par Catherine Moquin, Nutritionniste et formatrice pour le programme ÉquiLibre (au Québec). J’adhère totalement à sa façon de décrire ce qu’est « manger normalement » et j’accompagne mes patients pour les aider à retrouver cette sérénité et cette flexibilité vis-à-vis de l’alimentation.

 

Qu’est-ce manger « normalement » ?

« Combien de fois par semaine est-il correct de manger du dessert ? Je ne devrais pas manger autant de fois dans la journée… C’est quoi une portion normale ? ». Vous vous reconnaissez ?

Il s’agit de questions qui sont fréquemment posées en consultation.

En fait, j’ai souvent l’impression que mon plus grand défi en tant que nutritionniste clinicienne est d’aider les gens aux prises avec des enjeux avec la nourriture à retrouver des comportements alimentaires normaux. Gros défi ! Et, vous savez quoi ? Ces questions, je me les suis moi-même posées au fil de mes études en nutrition. Voici ce que je peux maintenant répondre : cela dépend ! Je le sais, ce genre de réponse peut être décevant parfois, mais voici quelques précisions.

 

Ça varie !

Il y a autant d’habitudes alimentaires différentes qu’il y a de personnes sur la terre ! Certaines ont la dent plus sucrée et d’autres, plus salée. Ainsi, il est normal de faire des choix en fonction de nos préférences ou de nos envies du moment. Certaines personnes mangent trois repas par jour et se sentent bien ainsi, alors que d’autres ont absolument besoin de collations pour passer la journée. Il est normal de s’adapter à nos signaux de faim en ajustant le nombre de fois lors desquelles on mange dans une journée. Certains ne peuvent se retenir de manger un peu plus de biscuits qu’à l’habitude lorsqu’ils sont chauds sortis du four (miam !), alors que d’autres préfèrent les garder pour étirer le plaisir ! Il est normal de ne pas tous réagir de la même façon selon les aliments, le moment, le contexte et même, d’une fois à l’autre… Peut-être pourrait-on relativiser cette ambition de vouloir manger parfaitement que plusieurs d’entre nous avons lorsqu’il est question de bien s’alimenter.

 

Le principe du « good enough diet »

Le « good enough diet » est un principe inspiré de celui du « good enough parent » (parent suffisamment bon) dont vous avez peut-être déjà entendu parler. Ce concept nous dit qu’il est impossible de manger de façon parfaite tout le temps, il s’agit plutôt de manger suffisamment bien dans l’ensemble ! Oui, c’est flou comme idée, mais déculpabilisant, n’est-ce pas ? Il serait irréaliste de vouloir manger de façon optimale tout le temps, mais attention : on ne met pas de côté les concepts de base d’une alimentation équilibrée ou de l’écoute des signaux de faim et de satiété pour autant. Cela veut seulement dire que, ce qui compte au fond, c’est votre moyenne et non pas les fois où vous ne mangez pas « comme vous l’auriez espéré » !

 

L’important, c’est de trouver VOTRE normalité

Vous aurez compris que manger normalement, c’est relatif pour chaque personne. C’est faire preuve de flexibilité, mais c’est aussi avoir une alimentation empreinte de liberté !

 

Source : http://monequilibre.ca/mon-alimentation/108-manger-normalement

Manger avec plaisir …</br>ne fait pas grossir !

Manger avec plaisir …
ne fait pas grossir !

By meneo on 11 mai 2011 in comportement alimentaire, Conseils

Je me suis rappelée l’autre jour de ce vieux proverbe, et je le trouve très pertinent…

Le plaisir est fondamental dans notre rapport à la nourriture. C’est lui qui nous permet de nous réguler et d’avoir un comportement alimentaire adapté et serein.

C’est en effet le plaisir, par la mise en jeu des cinq sens, qui nous renseigne sur nos besoins.

Faites une petite expérience : achetez deux gâteaux que vous aimez beaucoup (si vous aimez les gâteaux, vous pouvez aussi faire l’expérience avec du fromage, de la charcuterie….ou autre…)

Mangez le premier en ayant faim. Mangez le en le dégustant, lentement, en étant attentifs aux saveurs, aux odeurs, au plaisir vécu. Observer et analyser ce qui se passe en vous. Au début le plaisir est en général important, puis petit à petit, si on reste attentif et qu’on se fait confiance, au fur et à mesure le plaisir décline. Cela correspond au rassasiement. Par le biais de cinq sens, le corps vous renseigne sur vos besoins.

Prenez le même gâteau après un bon dîner, dessert compris. C’est à dire sans avoir faim. Observez le plaisir, observez la perception des goûts. Généralement, quand on n’a pas faim, les goûts sont moins bien perçus, ils sont moins plaisants, voire même un peu écœurants…

On voit donc que le plaisir est une notion fondamentale, elle est pourtant souvent tabou et a été trop souvent écartée des régimes. Mais souvent on peut confondre le plaisir intellectuel, fantasmé (j’aime ce gâteau en général donc je l’aimerai aussi aujourd’hui, et normalement il doit me faire plaisir, me réconforter, me rappeler tel ou tel souvenir) et le plaisir vécu à l’instant même (j’aime ce gâteau en général mais aujourd’hui, à cet instant même, est ce qu’il me fait plaisir réellement, est ce qu’il me satisfait, est ce qu’il m’apporte vraiment quelque chose d’intéressant ?). Il faut prendre garde à la force des habitudes qui pousse à manger machinalement, sans conscience. Ce sont les habitudes qui font manger trop et grossir le plus souvent…

Quand on s’écoute vraiment, le plaisir permet de se réguler. C’est pourquoi manger avec plaisir ne fait pas grossir !

Journée internationale sans régime

Journée internationale sans régime

By meneo on 6 mai 2011 in comportement alimentaire, régimes

Le 6 mai nous célébrons la journée internationale sans régime : le “not diet day”. Les slogans sont “osez avoir faim”, “faites la paix avec votre corps et votre nourriture”…

La journée internationale sans régime a été instituée en 1992 par une anglaise, Mary Evans Young, présidente des “briseurs de régime” et ancienne anorexique.

Elle a lancé cette journée suite à deux évènements qui l’ont marquée : une émission de télévision dans laquelle les participantes venaient se faire agrafer l’estomac, et enfin suite au suicide d’une adolescente de 15 ans qui ne “supportait plus d’être grosse” alors qu’elle faisait une taille 42 !!

Depuis, le No Diet Day (Journée Internationale Sans Régime) s’est répandu dans le monde puisqu’il est célébré maintenant dans de nombreux pays : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, Etats-unis, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande, Norvège, Russie et maintenant France par le biais de l’association Allegro Fortissimo.

Allegro Fortissimo est une association créée en 1989, et qui lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes de forte corpulence dans la société (problèmes d’accès à l’emploi, au crédit, aux transports, aux soins…). Elle travaille à réconcilier ces personnes avec leur corps et leur image, vis-à-vis d’elles-mêmes, de leur entourage et de la société.

Il est important de mettre en garde contre cette course effrénée à la minceur qui est responsable d’une grande souffrance et génère perte de l’estime de soi et troubles du comportement alimentaire…

Réapprenons à nous écouter, à faire confiance à notre corps, à nos sensations alimentaires et à nos envies. Manger est un plaisir et doit le rester. Sinon trop de privations et de frustrations entrainent inévitablement une perte de repères et une perte de contrôle.

Plus on se prive et plus on mange c’est pourquoi je reçois au cabinet beaucoup de personnes dont le surpoids est directement lié aux régime! Le premier régime est fait pour perdre 3 kilos qui ne sont pas forcément en trop, puis c’est le cercle vicieux qui s’installe avec alternance régime, hypercontrôle avec phases de perte de contrôle et bien sûr le poids qui fait le yo-yo avec toujours quelques kilos en bonus !!! Donc on peut dire que les régimes font grossir et provoquent une altération de la qualité de vie.

C’est pour toutes ces raisons que je soutiens la journée internationale sans régime…avec l’espoir que les jeunes générations connaitront, elles, une vie entière sans régime !

<b>Tu seras privé de dessert!</b></br> Quand la nourriture devient un enjeu…

Tu seras privé de dessert!
Quand la nourriture devient un enjeu…

By meneo on 16 décembre 2010 in comportement alimentaire, Conseils

« Mange pour faire plaisir à maman! »
« si tu es sage tu auras un bonbon… »…

Qui n’a jamais entendu ou prononcé une de ces petites phrases ? Elle paraissent anodines, il s’agit après tout d’éducation… Et pourtant…

De même ces réflexes comme donner du chocolat à un enfant qui est triste, lui acheter un gâteau quand il a eu mal chez le dentiste, ou le priver de ce qu’il aime lorsqu’il n’est pas sage….

Ces petites phrases et ces comportements ont en commun de faire de la nourriture un enjeu : récompense et punition sont associés à l’alimentation…

Or il peut arriver que la personne devenue adulte garde ces réflexes, qui se sont bien ancrés, et qui deviennent même très inconscients…

Le réflexe peut être alors d’utiliser la nourriture comme moyen de réconfort pour gérer une angoisse, une contrariété, la tristesse, la colère, la solitude, etc… Ce n’est pas un problème en soi, tout le monde ou presque a un jour  ou l’autre utilisé cette technique de gestion du stress. Elle peut d’ailleurs être assez efficace… Mais c’est lorsqu’elle devient systématique, envahissante, culpabilisante, que cette technique devient problématique.

On peut constater alors l’existence d’un véritable trouble du réconfort. La personne va utiliser de manière incontrôlée la nourriture pour faire face à son stress… S’ensuivent généralement la culpabilité, la honte… et une aggravation du stress. La personne est donc dans un cercle vicieux d’où il est difficile de sortir sans réelle prise de conscience du mécanisme dans lequel elle se trouve prisonnière. On peut observer l’existence de ce trouble du réconfort chez beaucoup de personnes obèses ou en surpoids.

C’est pourquoi il est primordial de traiter avant tout le trouble du réconfort.